Bruit rose

On entend souvent parler de bruit blanc, bruit rose, bruit marron.... Mais quel rapport entre le son et les couleurs ?

Ces concepts sont peut-être un peu flous pour vous alors je vais commencer par éclaircir ce point :

 

Tout est question de fréquences. A l'instar du son, les couleurs aussi ont des fréquences. La lumière blanche est la combinaison de toutes les couleurs. On le voit très simplement avec un prisme qui va réfracter et disperser la lumières en différentes couleurs, ou fréquences. 

Et bien le bruit blanc c'est la même chose : c'est la somme de toutes les fréquences de son à parts égales.

Mais en additionnant différemment ces fréquences sonores, on obtient aussi d'autres couleurs. Ainsi, le bruit rose est obtenu en baissant progressivement le niveau des fréquences au fur et à mesure où l'on monte dans les aiguës. C'est la couleur qui se rapproche le plus de notre environnement sonore quotidien.

Bien que les hyperacousiques peuvent sensibles à toutes les fréquences, ils sont généralement particulièrement sensibles aux sons aiguës. C'est donc le bruit rose qui est le plus désigné pour aider à rééduquer l'oreille des hypersensibles au son.

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Il est important de recourir à des sons de qualité et d'écouter ces sons avec du matériel de qualité car ces sons peuvent se déformer en fonction des formats et compressions utilisées. C'est pourquoi youtube est à proscrire pour les thérapies sonores. Les compressions du son sont trop fortes pour garder les fréquences intactes. De même, le bruit blanc est un bruit trop plat et complet pour correspondre à nos besoins. Il est également à proscrire car trop riche en hautes fréquences.

Voici le retour en fréquences du bruit blanc:

Le retour en fréquences du bruit rose :

Et un exemple de retour en fréquences de notre univers sonore quotidien :

Vous comprenez bien maintenant pourquoi le bruit blanc n'est pas recommandé comme thérapie de soin. Il va aller forcer les fréquences d'écoute. 

Si vous ne me croyez pas vous pouvez consulter cette étude de 2012 sur l'utilisation du son en cherchant à compenser les pertes auditives. En gros, comme il semblerait que les acouphènes ont tendance à montrer leur nez dès lors que le cerveau manque de stimulation sonore, on a pensé qu'en compensant ces pertes on allait réduire les acouphènes. 

Résultat : "overcompensating hearing loss actually worsens tinnitus, both clinically and electrophysiologically."

Traduction : "surcompenser les pertes auditives empire les acouphènes aussi bien cliniquement que électrophysiologiquement"

Il est donc urgent de lâcher les bruits blancs pour s'orienter vers les bruits roses.

Rééduquer l'oreille et le cerveau

Bien qu'on en sache encore peu sur l'hyperacousie, il est vraisemblable que l'hyperacousie provienne d'une défaillance dans le traitement du son opéré par le cerveau. Si vous avez lu mon encart sur la capacité adaptative, (à voir absolument !) vous avez compris qu'à un moment donné, le stress subit par votre oreille a été supérieur à votre zone d'adaptabilité.  Et là... C'est... la catastrophe...

Parce que si un sportif peut faire une pause pour réparer son corps et se remettre en selle quelques temps plus tard, la mise au repos de l'oreille est bien plus complexe et nous conduit à faire une erreur dramatique : vous protéger les oreilles en permanence.

Ça parait pourtant logique : je mets mon oreille au repos total, elle se répare et c'est reparti comme en 40 ! Mais ... non. Parce que votre cerveau a BESOIN de sons. C'est vital pour lui : et s'il n'en reçoit plus, il le crée ! Alors s'isoler complètement du son peut avoir des effets complètement délétères ! 

MAIS problème inverse : nous vivons dans un monde en sursimulation constante : visuelle, intellectuelle...sonore aussi... Et oui, nos oreilles sont trop stimulées et au final nous sommes très nombreux à souffrir de désordres auditifs divers. Souvent légers et peu perceptibles mais soyez sûrs que nous préparons une future génération de déficients auditifs...

 

Et au moment où je vous parle voici mon univers sonore :

- je tape à l'ordinateur : clic, clic clic, sans compter le ventilo qui tourne à plein régime et les grattements du disque dur...

- mon fils joue à Theme Hospital sur un deuxième ordinateur juste à côté de moi : j'entends donc les musiques et bruitages du jeu

- au loin, les grands regardent un documentaire dans le salon... Et je réalise que c'est trop fort. C'est pourtant moi qui les ai installés...

- une amie à moi est affairée dans la cuisine et c'est la danse des couverts et du thermomix...

Je n'ai pas enjolivé la scène pour la raconter : c'est très exactement mon ambiance sonore là tout de suite. Et je suis censée être une personne avertie... Ce qui me fait peur c'est à quel point, même concernée, je n'ai pas réalisé tout le bruit qui m'entourait là... Et c'est exactement là que je voulais en venir : nous ne réalisons pas à quel point nous sommes envahis de sons... C'est évidemment variable selon les personnes et les conditions de vie mais globalement le son s'insinue dans nos vies, à notre insu... Même si vous vivez à la campagne... Et il est très difficile de rééduquer une hyperacousie grave dans ces conditions...

Heureusement, il existe des traitements, dont les bruits roses et la musicothérapie qui ont la faculté de rééduquer l'oreille et le cerveau pour diminuer, voir supprimer ces symptômes. Même lorsque l'oreille a été physiquement lésée. C'était mon cas puisque c'est avec du son à plein régime dans le baladeur (oui je suis née dans les années 80 ^^) dès l'âge de 13 ans que j'ai abîmé mon oreille...

Mais comme beaucoup d'autres personnes, j'ai eu la chance de connaître ces outils de rééducation par le son, et j'ai pu, moi aussi me tirer de cette hyperacousie et de ces acouphènes qui me pourrissaient la vie !

Les "dangers" du bruit rose

Les problèmes induits par le bruit blanc ont donné mauvaise presse au bruit rose de façon tout à fait illégitime. Le bruit rose respecte la physiologie du corps. Dès l'instant où on l'utilise de façon douce et progressive et en écoutant ses propres limites, je doute sérieusement que le bruit rose puisse avoir un quelconque effet délétère : bien au contraire. 

Le problème viendrait plutôt du fait que les oreilles devenues sensibles se trouvent dans une zone critique et qu'il faut respecter le rythme de rééducation propre à chacun. Encore une fois, forcer les sons dans l'oreille aura l'effet complètement inverse de celui recherché. 

Je le répète : le bruit rose est une forme de sons particulièrement douce et bien tolérée par le corps. Même chez les personnes devenues extrêmement sensibles au son, le bruit rose est une porte de sortie très efficace dès l'instant qu'elle est utilisée correctement. Le seul véritable obstacle viendrait ici plutôt de certaines personnes devenues tellement sensibles, qu'elles en viennent à se protéger continuellement, exacerbant ainsi leur sensibilité.  Elles sont alors dans un état de sensibilité telle qu'il leur est impossible d'avoir une vie sociale. Elles en viennent à vivre recluses et dans la peur quotidienne du son. 

Mais même pour elles, avec une rééducation très progressive et appropriée ET en dépassant leurs peurs, il y a l'espoir de sortir de ce gouffre. 

La thérapie de bruit rose

La thérapie de bruit rose demande de la patience et du temps, tout comme la musicothérapie. C'est de la rééducation. Je dis souvent que prendre le chemin vers la guérison des acouphènes ou de l'hyperacousie demande de la persévérance, de la patience, de la motivation. Et pour cause : c'est une enquête, un chemin vers soi et ce dont notre propre corps a besoin.

 

2 heures d'écoute par jour minimum. Ça peut paraitre beaucoup. Au final, ça se fait simplement : le son n'interfère pas avec le son extérieur qui doit toujours être audible et on peut mettre l'audio sur un lecteur portable ou son téléphone donc on l'emmène partout avec soi. C'est la même chose avec les générateurs de son fournis par les ORLs. Il suffit donc de mettre le casque ou les écouteurs sur les oreilles et de vaquer à ses occupations. Le problème des générateurs ORLs vient plutôt du coût. Même si une partie peut être prise en charge, on se retrouve rapidement avec des factures de l'ordre de 2000 à 8000€...

 

En passant par le programme acouphènes/hyperacousie, vous avez un bruit rose de haute qualité compris dans votre programme. Et vous bénéficiez en plus de la thérapie Hipérion pour travailler en parallèle les muscles de l'oreille et la plastique du cerveau !

Au final pour suivre cette thérapie, il faut juste la rigueur de se dire "allez, je les mets : je reprends ma vie en main et je vais m'en sortir" tous les jours. L'avantage quand il s'agit d'hyperacousie ou d'acouphènes c'est que la motivation se fait toute seule :)