L'hyperacousie

On met un peu vite dans "hyperacousie" toute forme d'intolérance au son. Il en existe cependant des déclinaisons que je vais développer ici.

L'hyperacousie

Nous avons vu que l'hyperacousie se manifeste par une exacerbation de certains sons par l'oreille et le cerveau.  C'est donc le seuil de tolérance au son (la capacité adaptative du "malade") qui se réduit et va rendre l'environnement sonore de désagréable à franchement intolérable en poussant le volume.

L'hyperacousie rencontre beaucoup de guérisons avec les thérapies de rééducation par le son : TRT, thérapies neuro-cognitives (musico), bruits roses, peuvent grandement aider les cas d'hyperacousie, avec des taux de réussite de l'ordre de 90%, dès l'instant où l'on respecte le rythme et les niveaux adéquates de rééducation de l'oreille de la personne traitée.

Examen des oreilles

L'hyposonie

Il y a une confusion fréquente  entre l'hyposonie et l'hyperacousie.

Tout d'abord, l'hyposonie ne se rencontre que dans les cas de perte auditive. 

Alors que l'hyperacousie est un état plutôt permanent dans le sens où les sons restent exacerbés de façon linéaire (telle fréquence ou tel type de son), l'hyposonie va se manifester comme un détonateur.

Explications : notre oreille interne, comme vous pouvez le voir sur ce dessin, comporte un organe en forme d'escargot (ou de limaçon) et qui s'appelle "cochlée" (ou "limaçon"). Cet organe est tapissé de cellules qui captent les fréquences audios : les cellules ciliées.

Ces cellules ciliées sont organisées en fonction de la fréquence des sons et cette organisation est appelée tonotopie : le centre de la cochlée correspond aux graves et la partie la plus extérieure aux fréquences les plus aigues. C'est un peu comme avoir un clavier de piano minuscule enroulé sur lui-même dans l'oreille.

Or, les surdités résultent bien souvent de dommages au niveau des cellules ciliées.

Pour pouvoir continuer à entendre, le cerveau déploie un mécanisme appelé "recrutement" : en gros, il va "recruter" les cellules ciliées voisines de celles qui sont abimées pour entendre. La personne atteinte de recrutement va donc passer de quelque chose de relativement silencieux a un son très fort en l'espace d'une seconde. Et concrètement ça donne ça :

"Papi?

- ...

- Papi?

- ...

- PAPI ?

- ...

- PAPI ?

- Ah mais pourquoi tu cries comme ça ?? Je suis pas sourd !"

Difficile de faire comprendre à celui qui en souffre que c'est la quatrième fois qu'on l'interpelle...

Les thérapies par le son ne sont d'aucun secours sur les hyposonies. Par contre, en amplifiant les sons et en filant un coup de main aux cellules cilliées, les aides auditives sont particulièrement adaptées et efficaces pour calmer l'hyposonie.

Le syndrôme du banquet

Encore moins connu mais néanmoins existant et particulièrement difficile : le syndrôme du banquet. 

Cette fois le cerveau n'arrive plus à traiter l'afflux de fréquences et fait un joyeux meli-melo dès qu'il y a une conversation dans une ambiance sonore un peu forte : restaurants, supermarchés, réunions animées, fêtes entre amis, transports publics... C'est tout un pan de la vie sociale qui trinque.

Les voix se confondent et deviennent peu compréhensibles. Pire, les sons vous heurtent, vous agressent. Et finalement, vous vous sentirez toujours mieux seul.e... 

Les appareils auditifs ne serviront ici à rien car ne feront qu'amplifier votre inconfort.

Les thérapies neuro-cognitives (musico) ont par contre fait leurs preuves sur ce type de pathologie et parviennent à rééduquer l'écoute du "malade" correctement dans une grande partie des cas.

Le syndrôme de l'oreille musicale

La première fois qu'on m'a parlé de ce phénomène, c'était un abonné au programme. Il m'a signalé un jour que parfois, après l'écoute de la musicothérapie, il entendait de la musique dans ses oreilles alors qu'il n'y avait plus de sons ambiants autour de lui...

Des voix fantômes, des musiques éthérées et des sons effrayants surgissent avec ce syndrôme de l'oreille musicale. C'est généralement un phénomène qui touche les personnes avec des pertes auditives. Souvent elles n'osent pas en parler par peur de paraître folles mais on estime les personnes atteintes de ce syndrôme à 10% de la population. 

En définitive c'est un phénomène assez logique qui découle du manque de son dans l'oreille. En effet, le cerveau a tendance à géérer du son lorsqu'il en est privé. Pour satisfaire son besoin vorace de son il peut créer des acouphènes, de l'hyperacousie, ou même des sons fantômes comme avec le SOM.

 

Reste aussi la possibilité que vous présentiez des capacités de clairaudience. Il serait bien alors de consulter un medium COMPETENT pour vous orienter.

La phonophobie

Tous ces problèmes auditifs peuvent conduire à cette situation désagréable de phonophobie.  

La peur d'aggraver la situation va faire devenir ultra-précautionneux.se, alerte à tous les sons  et dans la crainte constante de dépasser le seuil de tolérance de l'oreille.

C'est un phénomène assez logique mais il faut bien comprendre que le stress engendré par la phonophobie et l'hypervigilence dans lequel on met son corps dans ce cas-là est d'autant plus néfaste et peut provoquer l'effet tout à fait inverse de celui recherché. De nombreux hyperacousiques ont aggravé la situation en se mettant dans le silence en permanence. Par ailleurs, le stress est mauvais pour les acouphènes.  et le fait de focaliser sur les sons, entraîne le cerveau à remarquer le son, au lieu de le laisser se faire oublier en fond.

Alors, d'abord, on se relaxe : vous pouvez écouter mon audio "acouphènes : choisissez votre état d'esprit" pour vous rebooster un peu.

Mais si vous vous sentez céder à la phonohobie, il serait opportun de vous faire accompagner. Je peux moi-même vous accompagner en consultation ou vous pouvez vous faire suivre par un thérapeute de votre choix : peu importe, le tout est de vous sentir bien et de progresser avec cette personne.

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